Après onze années sous le maillot des Éléphants, Jean-Michaël Seri a annoncé sa retraite internationale. Entre promesses, périodes de doute et sacre continental, le milieu de terrain laisse l’image d’un joueur dont l’influence aura culminé au moment où la Côte d’Ivoire est redevenue championne d’Afrique.
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En mettant un terme à sa carrière internationale, Jean-Michaël Seri referme un chapitre long de onze années avec les Éléphants. À 35 ans, le milieu de terrain a choisi de quitter la sélection ivoirienne quelques jours après une Coupe du monde 2026 où il n’a quasiment pas joué. Une décision qui marque la fin d’un parcours fait de hauts et de bas, mais couronné par un titre de champion d’Afrique qui lui offre une place particulière dans l’histoire du football ivoirien.
Dans un message publié sur ses réseaux sociaux, le joueur a officialisé son retrait de l’équipe nationale. Une annonce qui peut surprendre tant Seri avait récemment confié son ambition de disputer la CAN 2027. Mais les derniers mois ont probablement changé la donne. Relégué sur le banc lors de la CAN 2025 puis quasiment absent lors du Mondial 2026, le milieu de terrain a sans doute compris que son rôle au sein du groupe était désormais devenu secondaire.
Un premier et dernier Mondial au goût d’inachevé
Disputer une Coupe du monde constitue le rêve de tout footballeur. Pour Jean-Michaël Seri, ce rêve s’est finalement réalisé aux États-Unis, au Canada et au Mexique. Mais il n’aura pas eu le scénario espéré. Retenu parmi les 26 joueurs d’Émerse Faé, l’ancien joueur de l’Africa Sports n’a disputé que 13 minutes durant toute la compétition. Son unique apparition est intervenue lors du troisième match de groupe contre Curaçao, une rencontre largement à la portée des Éléphants et déjà décisive pour la qualification. Comme lors de la CAN 2025, Seri a vécu la majeure partie du tournoi depuis le banc. Un statut qui contrastait fortement avec celui qu’il occupait seulement deux ans plus tôt. Son expérience et son apport au sacre continental lui avaient sans doute valu cette ultime convocation, une forme de reconnaissance pour les services rendus à la sélection.
Une ascension attendue, une intégration plus difficile
L’histoire de Jean-Michaël Seri avec les Éléphants débute en 2014. À l’époque, le milieu de terrain s’impose progressivement au Portugal sous les couleurs de Paços de Ferreira, où il est prêté par le FC Porto après avoir quitté l’ASEC Mimosas. Présenté comme l’un des héritiers du milieu ivoirien à l’heure où la génération dorée approche de la fin, il est convoqué pour la première fois en mars 2014 lors d’un match amical contre la Belgique (2-2). Sa première sélection officielle intervient le 9 octobre 2015 face au Maroc, lors d’un succès ivoirien (1-0), rencontre qu’il dispute dans son intégralité. La même année, il rejoint l’OGC Nice, où il explose rapidement. Ses performances en Ligue 1 séduisent toute l’Europe. Doté d’une excellente vision du jeu, d’une qualité de passe remarquable et d’une intelligence tactique rare, Seri apparaît alors comme le futur maître à jouer des Éléphants. Pourtant, cette domination affichée en club ne se transpose pas immédiatement en sélection.
Elle nous avait déjà dit : » Eh Seri Jean Michael, l’homme qui tient à son chewing-gum « .#TotalEnergiesAFCON2023 #CAN2023 pic.twitter.com/ajVDUzdkmK
— Le Kpakpato Sportif (@LKsportif) January 31, 2024
Longtemps dans l’ombre
Malgré un premier but inscrit contre le Liberia, le 17 novembre 2015, lors des éliminatoires de la CAN 2017, Jean-Michaël Seri peine à s’imposer durablement. À la CAN 2017 au Gabon, il ne dispute que deux rencontres alors que la Côte d’Ivoire est éliminée dès le premier tour. Deux ans plus tard, sous Kamara Ibrahim, le scénario se répète lors de la CAN 2019 avec seulement deux apparitions en cinq matches. Son statut évolue véritablement avec Patrice Beaumelle. Installé devant la défense dans un rôle de sentinelle, Seri devient un élément important de l’équipe et participe aux quatre rencontres de la CAN 2021 au Cameroun, conclue par une élimination en quarts de finale contre l’Égypte. Mais sa situation en club se complique. Entre changements d’équipes et manque de stabilité, sa place chez les Éléphants est fragilisée, d’autant que Séko Fofana s’impose comme l’un des nouveaux patrons du milieu de terrain. Sous Jean-Louis Gasset, Seri retrouve progressivement le banc.
L’homme du sacre continental
Le tournant de sa carrière internationale intervient pourtant lors de la CAN 2023 organisée en Côte d’Ivoire. Après le départ de Jean-Louis Gasset en pleine compétition, Émerse Faé repositionne Seri devant la défense. Le choix s’avère payant. Grâce à sa sérénité, son sens du placement et sa qualité de relance, il redonne de l’équilibre au milieu ivoirien, dès les huitièmes face au Sénégal. À partir de ce moment-là, il ne quitte plus le onze de départ. Match après match, il devient l’un des hommes forts du parcours exceptionnel des Éléphants jusqu’à la victoire finale face au Nigeria (2-1) au stade Alassane Ouattara d’Ebimpé.
Ce sacre constitue incontestablement l’apogée de sa carrière internationale.
Le conseil de Seri Jean Michael à Inao Christ.#CAN2025 pic.twitter.com/TsnIAwJv72
— Le Kpakpato Sportif (@LKsportif) January 1, 2026
Le temps a fini par le rattraper
Après cette CAN historique, le poids des années, un temps de jeu réduit en club et l’émergence de la nouvelle génération incarnée par Chris Inao vont progressivement modifier la hiérarchie dans le cœur du jeu. Rappelé pour la CAN 2025 au Maroc, il ne dispute que deux rencontres sur cinq. Titulaire lors de l’entrée en lice contre le Mozambique, il perd ensuite sa place avant de n’effectuer qu’une courte apparition face au Gabon. La Coupe du monde 2026 confirme cette tendance avec seulement 13 minutes disputées. Conscient que son cycle était arrivé à son terme, Jean-Michaël Seri a choisi de quitter la sélection sans attendre. Une décision qui reflète aussi l’intelligence de celui qui, tout au long de sa carrière, a toujours privilégié le collectif.
Une empreinte durable
En onze années sous le maillot national, Jean-Michaël Seri a disputé 65 rencontres, inscrit 4 buts et délivré 4 passes décisives. Il a participé à cinq Coupes d’Afrique des Nations, dont celle remportée à domicile en 2024, ainsi qu’à une Coupe du monde, en 2026, après avoir manqué les éditions 2018 et 2022. Son histoire avec les Éléphants n’a jamais été linéaire. Annoncé très tôt comme le successeur des grands maîtres du milieu ivoirien, il a souvent eu du mal à s’imposer durablement comme le leader attendu. Mais lorsque la Côte d’Ivoire a eu le plus besoin de lui, lors de la CAN remportée à domicile, Jean-Michaël Seri a répondu présent. C’est sans doute là que réside son plus bel héritage : ne pas avoir toujours été le patron des Éléphants, mais avoir su le devenir au moment où l’histoire s’écrivait.