Au bout de ses ressources, mais jamais à bout de son courage. L’Argentine a encore renversé une situation compromise face à l’Angleterre (2-1) pour rejoindre l’Espagne en finale. Une qualification qui illustre parfaitement la force mentale de l’Albiceleste, portée par un Lionel Messi toujours aussi décisif à 39 ans.
View this post on Instagram
On l’a dit, et on ne cessera de le répéter : le talent seul ne suffit pas au football. Il faut aussi une part de réussite. Mais cette réussite, il faut la provoquer. Elle naît de la détermination, de la résilience, de la capacité à ne jamais renoncer. C’est précisément ce qui résume le parcours de l’Argentine dans cette Coupe du monde 2026. Championne du monde en titre après son sacre au Qatar en 2022, l’Albiceleste est arrivée en Amérique du Nord avec le statut d’immense favorite, aux côtés de l’Espagne et de la France. Une étiquette qui ne reposait pas uniquement sur son titre mondial, mais aussi sur la qualité exceptionnelle de son effectif. À tous les postes, Lionel Scaloni dispose de joueurs de très haut niveau. Derrière l’inusable Lionel Messi gravitent des créateurs comme Alexis Mac Allister ou Nico Paz, des soldats indispensables tels que Leandro Paredes, Enzo Fernández, Rodrigo De Paul, Lisandro Martínez, Cristian Romero ou Nicolás Tagliafico, sans oublier deux attaquants redoutables, Lautaro Martínez et Julián Álvarez. Dans les buts, Emiliano Martínez demeure l’un des gardiens les plus spectaculaires et les plus fiables de la planète. Au centre de cet édifice demeure Lionel Messi. À 39 ans, le capitaine continue d’orchestrer le jeu avec une intelligence rare. Il sait ralentir le rythme, accélérer quand il le faut, changer le visage d’un match en une seule inspiration. Toute l’équipe semble construite autour de son génie.
Le talent pour lancer la conquête
L’Argentine est un pays où le football est une religion. Les générations se succèdent sans que le talent ne disparaisse. Mais cette sélection possède un atout supplémentaire : une expérience collective exceptionnelle, héritée notamment du sacre de 2022. Dès la phase de groupes, les champions du monde ont affiché leur supériorité. L’aventure débute par une victoire convaincante contre l’Algérie (3-1), portée par un triplé de Lionel Messi. Un message envoyé à toute la planète football. L’octuple Ballon d’Or récidive ensuite contre l’Autriche (2-0), avant de guider encore les siens face à la Jordanie (3-1). L’Argentine boucle ainsi la phase de groupes avec trois victoires en trois rencontres. Messi inscrit cinq buts et confirme qu’à 39 ans, il reste l’un des meilleurs joueurs du monde.
View this post on Instagram
La résilience comme marque de fabrique
À partir des seizièmes de finale, le scénario change complètement. Face au Cap-Vert (3-2), en huitièmes contre l’Égypte (3-2), puis en quarts de finale devant la Suisse (3-1), les Argentins souffrent énormément. Deux des trois qualifications se dessinent après prolongation. À plusieurs reprises, l’Albiceleste semble au bord de l’élimination. Le Cap-Vert la pousse dans ses retranchements. L’Égypte croit tenir son exploit. La Suisse résiste jusqu’aux derniers instants. Mais chaque fois, le mental argentin fait la différence. Là où beaucoup auraient cédé, les hommes de Scaloni trouvent les ressources nécessaires pour renverser la situation. L’Argentine sait jouer au football. Elle sait aussi casser le rythme, gagner les duels, faire déjouer son adversaire grâce à sa fameuse grinta. Certains évoquent également des décisions arbitrales favorables, notamment contre l’Égypte, alimentant les débats sur un supposé soutien de la FIFA à Lionel Messi. Mais réduire ce parcours à ces polémiques serait oublier l’essentiel : l’Argentine est avant tout portée par son immense qualité collective et son incroyable résilience.
Quand Messi ne marque plus, il fait gagner les autres
Auteur de 8 buts en 7 rencontres, Lionel Messi n’a pas trouvé le chemin des filets lors des deux derniers matchs. Pour autant, son influence n’a jamais diminué. En quart de finale contre la Suisse, c’est lui qui délivre un corner parfait pour Lautaro Martínez, auteur du premier but. Puis, en demi-finale face à l’Angleterre, mercredi 15 juillet, il offre une nouvelle démonstration de son intelligence de jeu. Après l’ouverture du score anglaise signée Gordon (55e), les Three Lions qui pensent avoir fait le plus difficile, dressent un mur devant la cage de Jordan Pickford. Messi change alors complètement de registre. Il quitte progressivement l’axe pour venir s’installer sur le côté droit. C’est de cette position qu’il va faire basculer la rencontre. À la 85e minute, il sert parfaitement Enzo Fernández pour l’égalisation. Puis, dans le temps additionnel (90e+2), il dépose un centre millimétré sur la tête de Lautaro Martínez, qui offre la qualification à l’Argentine. Deux passes décisives, deux gestes de génie qui offrent à l’Argentine une nouvelle finale de coupe du monde, dans les derniers instants.
Back-to-back #FIFAWorldCup Finals for Argentina 😤 pic.twitter.com/VfmPqqlEYL
— FIFA World Cup (@FIFAWorldCup) July 15, 2026
Une finale au parfum d’histoire
Cette qualification, obtenue cette fois dans les dernières minutes du temps réglementaire et non en prolongation, confirme une constante : cette Argentine ne meurt jamais. Chaque fois qu’on la croit battue, elle trouve les ressources pour revenir. Chaque fois que tout semble perdu, Lionel Messi rappelle qu’il suffit d’un éclair de génie pour changer le destin d’un match. Le capitaine argentin compte désormais 4 passes décisives dans ce Mondial, seul Michael Olise fait mieux au classement avec 5 offrandes. L’ancien parisien compte 12 contributions directes sur les 19 réalisations de son équipe. À près de 40 ans, trois ans après avoir quitté l’Europe pour rejoindre l’Inter Miami, Messi continue d’écrire l’histoire. Il conduit l’Argentine vers une deuxième finale mondiale consécutive, un exploit que seul Diego Maradona avait déjà accompli en menant l’Albiceleste en finale en 1986 et 1990.
Le rendez-vous est désormais fixé au 19 juillet, au MetLife Stadium de New York. Un stade hautement symbolique pour Lionel Messi. C’est là qu’il avait annoncé sa retraite internationale en 2016, après la défaite de l’Argentine contre le Chili en finale de la Copa América Centenario. Dix ans plus tard, il y revient avec l’occasion de remporter une deuxième Coupe du monde. Le destin lui offre également un adversaire chargé de symboles : l’Espagne, le pays qui lui a ouvert les portes du football européen, l’a formé et l’a vu devenir une légende au FC Barcelone durant 17 saisons chez les professionnels.
The adidas Golden Boot heading into the final round of fixtures 🌟#FIFAWorldCup pic.twitter.com/HeIJwK9nR4
— FIFA World Cup (@FIFAWorldCup) July 15, 2026
En cas de victoire dimanche, Lionel Messi offrirait à l’Argentine une quatrième étoile mondiale et refermerait peut-être définitivement le débat qui l’oppose encore à Diego Maradona dans le cœur des passionnés de football, dans son pays et dans le reste du monde.