Quarts de finale : l’Espagne veut chasser les mauvais souvenirs

Par Guy Jaures

Face à la Belgique ce soir (19 heures), l’Espagne vise une place en demi-finale de la Coupe du monde. Les champions d’Europe veulent enfin tourner la page de plusieurs désillusions vécues sur le sol américain et poursuivre leur rêve d’une deuxième étoile mondiale.

L’heure est venue pour l’Espagne de regarder son histoire en face. Opposée à la Belgique en quart de finale de la Coupe du monde, la Roja a rendez-vous avec un passé qui lui a laissé des cicatrices profondes. Trente-deux ans après l’une des éliminations les plus controversées de son histoire et quarante ans après une autre désillusion face aux Diables rouges, la sélection espagnole entend écrire un nouveau chapitre en décrochant une qualification pour le dernier carré.
Impossible, en effet, d’évoquer un quart de finale mondial disputé aux États-Unis sans revenir au 9 juillet 1994. Ce jour-là, à Boston, l’Espagne de Javier Clemente s’inclinait 2-1 face à l’Italie d’Arrigo Sacchi dans une rencontre entrée dans la mémoire collective du football espagnol. À quelques minutes de la fin, Luis Enrique était violemment percuté par un coup de coude de Mauro Tassotti. Le visage ensanglanté, le futur entraîneur du Paris Saint-Germain réclamait un penalty qui ne sera jamais accordé par l’arbitre hongrois Sándor Puhl. Les images de son nez cassé, le maillot blanc de la Roja couvert de sang, avaient fait le tour du monde et symbolisent encore aujourd’hui ce que beaucoup d’Espagnols considèrent comme une profonde injustice. L’Italie poursuivra son parcours jusqu’en finale avant de s’incliner face au Brésil.

Mais ce n’était pas la première grande désillusion de la Roja en quart de finale. Huit ans plus tôt, lors du Mondial 1986 au Mexique, l’Espagne avait déjà vu son aventure s’arrêter face à la Belgique, battue seulement lors de la séance des tirs au but après un match spectaculaire. Un échec resté gravé dans les mémoires et qui nourrit encore aujourd’hui un sentiment de revanche. Ces deux épisodes constituent une motivation supplémentaire pour une génération emmenée par Lamine Yamal. Championne d’Europe en titre, l’Espagne arrive avec le statut de favorite et nourrit de grandes ambitions dans cette Coupe du monde organisée en Amérique du Nord. La bande à Luis De La Fuente rêvent d’atteindre une demi-finale mondiale pour la première fois depuis leur sacre historique de 2010 en Afrique du Sud, dernière édition où la Roja avait atteint le dernier carré avant de soulever son unique trophée mondial.

 

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Au-delà de la qualification, l’objectif est de poursuivre la route vers une deuxième étoile et retrouver la France en demi-finale. Les Espagnols savent toutefois que la Belgique leur réussit rarement dans cette compétition. Leur seule victoire contre les Diables rouges en Coupe du monde remonte au premier tour de l’édition 1990 en Italie (2-1), un précédent qui reste leur unique référence face à cet adversaire sur la scène mondiale. En face, la Belgique arrive avec une confiance retrouvée. Longtemps considérés comme des outsiders, les Diables rouges montent en puissance au fil du tournoi. Leur démonstration face aux États-Unis (4-1) en huitième de finale a confirmé leur potenlekpakpatosportif.net/huitiemes-de-finale-lespagne-ecarte-le-portugal-la-belgique-corrige-les-etats-unistiel offensif et leur capacité à rivaliser avec les meilleures nations. Cette prestation leur permet d’aborder ce rendez-vous sans complexe. Pour Rudi Garcia, cette rencontre pourrait également avoir une portée personnelle. Régulièrement critiqué depuis sa nomination à la tête de la sélection belge, le technicien français joue peut-être une partie de son avenir sur ce quart de finale. Une qualification constituerait un immense exploit et ferait définitivement basculer le regard porté sur son travail.

Entre une Espagne déterminée à effacer plusieurs décennies de frustrations et une Belgique libérée de toute pression, cette affiche promet une confrontation intense. D’un côté, la Roja veut réconcilier son histoire avec le présent. De l’autre, les Diables rouges espèrent prolonger leur aventure et déjouer une nouvelle fois les pronostics. Une place dans le dernier carré est à la clé, avec la perspective d’un choc face à la France pour le vainqueur.

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