Demi-finale : l’Angleterre à la conquête d’une deuxième finale

Par Guy Jaures

Le rendez-vous est historique. Ce soir, l’Angleterre et l’Argentine se retrouvent pour une place en finale de la 23e Coupe du monde. Deux géants du football mondial, deux nations liées par une rivalité aussi sportive qu’historique, se disputent le dernier billet pour rejoindre l’Espagne, qualifiée après sa victoire convaincante face à la France (2-0).

Pour les Three Lions, l’enjeu est immense. Depuis leur unique titre mondial remporté à domicile en 1966, les Anglais courent après une nouvelle finale. Soixante ans d’attente, de désillusions et de rendez-vous manqués. En seize participations, ils ont notamment été éliminés à sept reprises en quarts de finale, une étape devenue synonyme de frustration pour tout un peuple. Parmi ces échecs, celui de 1986 face à l’Argentine reste gravé dans les mémoires. Au stade Azteca de Mexico, Diego Maradona avait signé l’un des matchs les plus célèbres de l’histoire de la Coupe du monde, inscrivant d’abord le controversé but de la « Main de Dieu », puis le « but du siècle » après une chevauchée exceptionnelle. Une défaite (2-1) qui nourrit encore aujourd’hui la rivalité entre les deux sélections.
Cette rivalité dépasse d’ailleurs le simple cadre sportif. Elle trouve également ses racines dans la guerre des Malouines de 1982, donnant à chaque confrontation une dimension particulière.

Une sixième confrontation en Coupe du monde

L’affiche de ce soir sera la sixième entre les deux nations dans l’histoire du Mondial. L’Angleterre s’est imposée en 1962, 1966 et 2002. L’Argentine avait répondu en 1986 puis en 1998, lors d’un huitième de finale remporté aux tirs au but. Cette fois, ce sont deux générations talentueuses qui se font face. Côté anglais, Jude Bellingham, Harry Kane, Declan Rice, Bukayo Saka et Anthony Gordon portent les espoirs d’un pays en quête d’une deuxième finale mondiale. En face, l’Argentine s’appuie toujours sur l’inusable Lionel Messi. Déjà auteur de 8 buts dans cette Coupe du monde, le capitaine de l’Albiceleste est entouré d’un collectif expérimenté composé de Rodrigo De Paul, Enzo Fernández, Alexis Mac Allister, Lautaro Martínez, Julián Álvarez, Cristian Romero et Lisandro Martínez. Finaliste de la précédente édition, l’Argentine ambitionne d’enchaîner une deuxième finale consécutive. Au-delà des individualités, c’est une opposition de styles, de caractères et d’histoires qui promet un spectacle de très haut niveau.

L’Espagne attend son adversaire

Mardi, l’Espagne a validé son billet pour la finale en dominant la France (2-0) avec une maîtrise impressionnante. Fidèle à son identité de jeu, la Roja a confisqué le ballon, imposé un pressing constant et étouffé les initiatives françaises. Le premier but est intervenu à la 22e minute sur un penalty obtenu par Lamine Yamal et transformé par Mikel Oyarzabal. Pedro Porro a ensuite scellé le succès espagnol à la 58e minute au terme d’une action collective parfaitement construite. Défensivement, Aymeric Laporte, Pau Cubarsí, Marc Cucurella et Pedro Porro ont contenu les assauts français, réduisant au silence Kylian Mbappé, Ousmane Dembélé et Michael Olise. Au milieu, le trio Rodri–Fabián Ruiz–Dani Olmo a largement pris le dessus sur Aurélien Tchouaméni et Adrien Rabiot.

Championne d’Europe en titre, l’Espagne disputera ainsi la deuxième finale de coupe du monde de son histoire. Reste désormais à connaître son adversaire. Angleterre ou Argentine : une seule nation poursuivra son rêve de sacre mondial, tandis que l’autre verra une nouvelle fois son parcours s’arrêter aux portes de la finale.

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