En dominant l’Équateur (1-0) au terme d’un combat intense, la Côte d’Ivoire a signé sa première victoire en Coupe du monde face à une nation sud-américaine. Un succès historique qui la place idéalement dans la course à une qualification inédite pour les huitièmes de finale.
Côte d’Ivoire 1 – 0 Équateur 🇨🇮 🇪🇨
Éléphant qui va écrire son histoire quand tu vois tu sais.#FIFAWorldCup pic.twitter.com/Kbc0yg1Mf5— Le Kpakpato Sportif (@LKsportif) June 15, 2026
Elle l’a fait. Après trois échecs contre des sélections sud-américaines en phase finale de Coupe du monde, la Côte d’Ivoire a enfin vaincu le signe indien. Opposés à un Équateur réputé pour sa solidité défensive, les Éléphants se sont imposés sur la plus petite des marges (1-0), dans la nuit de dimanche à lundi, et lancent parfaitement leur campagne américaine. Les supporters ivoiriens qui ont sacrifié leur sommeil pour suivre cette entrée en lice n’ont pas eu à regagner leur lit avec le cœur lourd. Leur sélection a réussi à franchir un cap historique face à une équipe équatorienne qui n’avait plus connu la défaite depuis 19 rencontres et qui avait terminé les éliminatoires sud-américains avec la meilleure défense de la zone, seulement cinq buts encaissés en 18 matchs. Comme attendu, les hommes de Sebastián Beccacece ont imposé dès les premières minutes leur marque de fabrique : une intensité permanente, un pressing agressif et une grande rigueur tactique. Beaucoup d’observateurs ne s’inquiétaient guère pour la défense ivoirienne face à une attaque équatorienne peu prolifique, auteur de seulement 13 buts durant les qualifications. La véritable interrogation concernait plutôt la capacité offensive des Éléphants à faire sauter le verrou de William Pacho et de ses partenaires.
Pendant longtemps, les Sud-Américains ont confirmé leur réputation. Solides dans les duels, intelligents dans la gestion du rythme et parfois habiles à casser le jeu, ils ont poussé les Ivoiriens à évoluer sur un terrain qui leur convenait davantage. Dans ce contexte fermé, Yann Diomandé s’est distingué comme le principal facteur de déséquilibre. Par ses accélérations, ses prises d’initiative et plusieurs passes inspirées, il a constamment cherché à fissurer la muraille équatorienne. Mais devant lui, Elye Wahi a encore manqué d’efficacité dans le dernier geste, une difficulté qui continue de l’accompagner sous le maillot national. Si l’Équateur a manqué de tranchant offensivement, il n’est pourtant pas passé loin de faire très mal aux champions d’Afrique. Yahia Fofana, relativement tranquille durant la rencontre, a été sauvé à deux reprises par sa barre transversale. D’abord sur une tentative de John Yeboah à la 23e minute, puis sur une frappe de Kendry Páez Minda à la 30e. Deux alertes sérieuses qui ont rappelé que la réussite pouvait basculer d’un côté comme de l’autre. Cette même réussite a d’ailleurs fui Elye Wahi au retour des vestiaires. À la 52e minute, l’attaquant de l’OGC Nice trouvait lui aussi la barre transversale d’Hernán Galíndez, auteur par ailleurs de trois interventions décisives pour maintenir son équipe dans le match. Mais au-delà de la réussite, cette victoire porte surtout la signature tactique d’Émerse Faé. Contesté après l’annonce de sa liste des 26 puis de son onze de départ, le sélectionneur ivoirien a répondu sur le terrain. Son choix d’installer Franck Kessié et Séko Fofana dans un rôle de double sentinelle devant la défense a considérablement renforcé l’équilibre de l’équipe. Le capitaine ivoirien a d’ailleurs livré l’une de ses prestations les plus abouties de ces derniers mois.
Autre trouvaille du technicien ivoirien, le positionnement hybride de Nicolas Pépé, tour à tour milieu offensif et deuxième attaquant, qui a souvent perturbé les repères adverses. Mais comme souvent avec Émerse Faé, ce sont les changements qui ont fini par faire basculer la rencontre. En faisant entrer Odilon Kossounou à la place de Guéla Doué et en repositionnant Wilfried Singo au poste de latéral droit, le sélectionneur a apporté davantage de puissance et de projection dans son couloir. L’entrée d’Amad Diallo a ensuite donné une nouvelle dimension offensive aux Éléphants. Le joueur de Manchester United a une fois encore confirmé son statut de facteur X. C’est d’ailleurs de cette réorganisation qu’est venu le but victorieux. Au terme d’une course impressionnante sur son côté, Wilfried Singo a parfaitement servi Amad Diallo, qui n’a laissé aucune chance au gardien équatorien (90e). Une action qui symbolise parfaitement l’apport des remplaçants ivoiriens et la capacité du sélectionneur à influencer le cours des rencontres.
Grâce à ce succès historique, le quatrième de la Côte d’Ivoire en phase finale de Coupe du monde, les Éléphants prennent une option sérieuse sur une qualification inédite pour le deuxième tour. Avec trois points et une différence de buts de +1, ils occupent la deuxième place du groupe E derrière l’Allemagne. La Mannschaft, elle, n’a fait aucun détail face à Curaçao (7-1). Portés notamment par un doublé de Kai Havertz, les Allemands prennent les commandes de la poule avec une différence de buts impressionnante (+6). L’attaquant allemand rejoint ainsi l’Américain Folarin Balogun en tête du classement des buteurs du tournoi.
Jeudi prochain, le choc entre les Éléphants et la Mannschaft promet déjà des étincelles. Au-delà de l’enjeu de la première place, cette confrontation permettra surtout de mesurer les véritables ambitions de la Côte d’Ivoire dans ce Mondial 2026.