Séminaire des entraîneurs : la DTN trace les nouvelles orientations du football ivoirien

Par Guy Jaures

La Direction Technique Nationale (DTN) de la Fédération Ivoirienne de Football (FIF) a réuni, ce vendredi 29 mai 2026 au Seen Hôtel d’Abidjan-Plateau, l’ensemble des entraîneurs des clubs de Ligue 1 et Ligue 2 à l’occasion d’un important séminaire technique consacré au développement du football ivoirien. Entre bilan de saison, réflexion sur la formation et modernisation des infrastructures, les échanges ont mis en lumière les défis et ambitions du football national.

Dans une salle réunissant les principaux acteurs techniques du football ivoirien, la DTN a voulu instaurer un cadre d’échanges autour des enjeux majeurs du football moderne. Ce séminaire a notamment porté sur le bilan technique de la saison 2025-2026, celui de la CAN 2025, les nouvelles tendances tactiques ainsi que le rôle de la formation des jeunes dans la progression du football africain.
Plusieurs membres du Comité Exécutif de la FIF ont assisté à cette rencontre, parmi lesquels le Colonel Koné Mamadou, 3e vice-président de la FIF, Salif Bictogo, président de la Ligue de Football Professionnel (LFP) et 5e vice-président de la FIF, ainsi que Nasser Larguet, Directeur Technique National de l’Arabie Saoudite et invité spécial du séminaire.

Nasser Larguet : « Le football africain doit se décomplexer »

Invité d’honneur du séminaire, Nasser Larguet a livré un message fort aux entraîneurs ivoiriens en appelant le football africain à croire davantage en son potentiel. Le technicien marocain a d’abord salué l’initiative de la Fédération ivoirienne de football avant de mettre en avant les qualités du football africain. « Nous avons des joueurs de qualité et un énorme potentiel. Beaucoup de joueurs africains évoluent dans les meilleurs championnats européens », a-t-il affirmé. Pour l’actuel DTN de l’Arabie Saoudite, les performances du Maroc lors de la Coupe du Monde 2022 au Qatar ont démontré que les sélections africaines pouvaient rivaliser avec les meilleures nations du monde.
Au cœur de son intervention, Nasser Larguet a insisté sur l’importance de la formation locale et du rôle des clubs dans le développement du football africain. « Les équipes nationales sont le reflet de ce qui se passe dans les clubs », a-t-il rappelé, invitant les fédérations africaines à investir davantage dans la formation des jeunes joueurs locaux plutôt que de dépendre essentiellement des binationaux formés en Europe. En prenant l’exemple de l’Académie Mohammed VI, il a démontré l’importance d’un projet structuré de formation dans la progression du football national marocain. Le technicien marocain a également rendu hommage au football ivoirien qu’il considère comme une référence continentale. Il a notamment évoqué les difficultés rencontrées par les équipes marocaines face aux clubs et sélections ivoiriennes lors des compétitions de jeunes.

Une ambition mondiale pour l’Afrique

Interrogé sur les chances de la Côte d’Ivoire lors de la Coupe du Monde 2026, Nasser Larguet s’est montré particulièrement optimiste. Selon lui, les Éléphants possèdent toutes les qualités pour réaliser un grand parcours grâce à un effectif expérimenté et talentueux, emmené notamment par Franck Kessié. Mais au-delà de la Côte d’Ivoire, le technicien marocain croit fermement à la possibilité de voir un jour une sélection africaine remporter la Coupe du Monde. « Il faut être ambitieux. Certains diront peut-être que nous sommes fous de vouloir gagner la Coupe du Monde, mais il faut avoir cette ambition-là », a-t-il déclaré.

Salif Bictogo insiste sur la structuration des clubs

Dans son intervention, Salif Bictogo a salué la qualité du travail réalisé par la DTN à travers l’analyse détaillée du championnat ivoirien. Le président de la LFP a particulièrement insisté sur les insuffisances offensives observées cette saison. « Aujourd’hui, nos ailiers prennent le ballon puis font une passe latérale ou en retrait, au lieu d’aller provoquer et centrer. C’est pour cela qu’il y a moins de buts marqués », a-t-il expliqué. L’ancien PCA du Stella Club d’Adjamé estime que le football national doit progresser dans l’animation offensive afin de permettre aux attaquants d’améliorer leurs statistiques. Pour lui, cette évolution passe également par de meilleures conditions de travail. Salif Bictogo a notamment pointé le problème des infrastructures, soulignant l’avance de certains clubs mieux structurés comme l’ASEC Mimosas, le FC San Pedro ou encore Yamoussoukro FC. Selon lui, les clubs ivoiriens doivent désormais adopter une véritable vision de développement. « Le football est devenu une industrie », a-t-il rappelé, insistant sur le fait que les revenus générés par les transferts de joueurs doivent servir à structurer durablement les clubs.
Le président de la LFP a également lancé un appel aux collectivités locales afin qu’elles accompagnent davantage les clubs de l’intérieur du pays dans la rénovation des infrastructures sportives héritées des indépendances. Il a par ailleurs annoncé plusieurs avancées concernant les infrastructures en vue de la prochaine saison. Adiaké, promu en Ligue 1, bénéficie déjà d’un projet de réhabilitation de son stade en collaboration avec les autorités locales, tandis que Mouna FC devrait retrouver le stade d’Akoupé pour ses rencontres à domicile. « Je pense que la saison prochaine, le championnat sera véritablement national », a conclu Salif Bictogo.

À travers ce séminaire, la DTN de la FIF confirme sa volonté d’accompagner la montée en compétence des entraîneurs ivoiriens tout en lançant une réflexion profonde sur l’avenir du football national. Entre modernisation des infrastructures, amélioration de la formation et ambition continentale, le football ivoirien entend poursuivre sa transformation afin de consolider sa place parmi les grandes nations africaines et mondiales

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