Partenariat : Wave et la BAL partagent la vision de leur mariage

Par Guy Jaures

À la veille de l’inauguration d’un nouveau terrain réhabilité à Koumassi, Wave Côte d’Ivoire et la Basketball Africa League (BAL) ont présenté les contours et les ambitions de leur partenariat, en collaboration avec la Fédération ivoirienne de basketball (FIBB).

Deux ans de partenariat, deux pays d’action, mais une ambition qui se veut panafricaine. Réunis à Cocody face à la presse et en présence de plusieurs acteurs du basketball ivoirien, les responsables de la Basketball Africa League, de Wave Côte d’Ivoire et de la Fédération ivoirienne de basketball ont exposé leur vision commune : faire du basketball un véritable outil de développement de la jeunesse. Amadou Gallo Fall, président de la BAL, Kartier Bamba, directeur général de Wave Côte d’Ivoire, Moussa Diarra, président de la FIBB, ainsi qu’Anabelle, MVP du dernier Tournoi des quartiers d’Abidjan, ont tour à tour présenté les résultats et les perspectives de cette collaboration.

La jeunesse au cœur du partenariat

Pour Amadou Gallo Fall, le partenariat avec Wave repose avant tout sur une vision commune de l’Afrique et de son développement. Le président de la BAL estime que le continent regorge de talents, mais que ces derniers ne disposent pas toujours des infrastructures et des opportunités nécessaires pour exprimer leur potentiel. « Nous partageons avec WAVE une vision commune et une grande ambition pour l’Afrique, son rayonnement et son développement. » La réponse passe notamment par la construction et la réhabilitation de terrains, l’organisation des Tournois des quartiers et l’accompagnement des jeunes talents.
Pour Fall, l’enjeu dépasse cependant la seule détection de futurs basketteurs professionnels. « Certains n’auront peut-être pas une carrière professionnelle, mais ils auront besoin d’apprendre comment prendre leur avenir en main. «  Le basketball doit ainsi transmettre des valeurs et des compétences utiles au-delà du terrain. Une philosophie qui rejoint l’ambition affichée par la BAL depuis sa création : rendre la pratique plus accessible et réduire les barrières qui empêchent les jeunes de pratiquer. Deux terrains supplémentaires doivent d’ailleurs être livrés avant la fin de l’année, ce qui porterait à environ six le nombre de terrains réalisés depuis le début du partenariat.

Wave mise sur l’impact social

Du côté de Wave Côte d’Ivoire, Kartier Bamba présente cette implication comme une volonté d’aller au-delà de l’activité financière de l’entreprise pour contribuer directement à la vie des communautés. « Au-delà de l’usage des services financiers, il est très important pour nous de pouvoir apporter quelque chose à la communauté. », déclare-t-il. La jeunesse constitue le principal point d’ancrage de cette démarche. Pour le directeur général de Wave Côte d’Ivoire, les actions menées dans le basketball ne visent pas uniquement à faire émerger de futurs champions. « Il faut savoir s’entraîner, fournir des efforts, rester dans la régularité et avoir l’esprit de compétition. Tout cela forge des citoyens et de futurs entrepreneurs. » Rénovation de terrains, organisation de compétitions et accompagnement des jeunes sont donc présentés comme autant de moyens de créer des opportunités et de transmettre des valeurs.

« Nous ne sommes pas en quête de visibilité »

Le dirigeant de Wave insiste, lui aussi, sur la dimension sociale de cet engagement. Dans des pays où une grande partie de la population est très jeune, le sport peut, selon lui, contribuer à l’équilibre et à la formation des citoyens. « Une jeunesse qui s’occupe sainement, qui pratique le sport et qui est confrontée aux valeurs du sport est aussi une jeunesse qui va grandir avec un certain équilibre et qui pourra apporter davantage à la société. » L’entreprise souhaite également inscrire ses interventions dans la durée. La qualité des infrastructures et leur utilisation responsable constituent ainsi des préoccupations majeures. « Nous voulons le rénover avec de la qualité. Pour nous, cela a vocation à durer et à servir pendant longtemps. » Elle affirme par ailleurs ne pas rechercher prioritairement de la visibilité à travers ces opérations.
Avec près de 19 000 points de service en Côte d’Ivoire, l’entreprise estime déjà disposer d’une forte présence sur le territoire. « Nous avons soif de pouvoir apporter quelque chose qui puisse bénéficier à la Côte d’Ivoire, qui puisse bénéficier au plus grand nombre et qui puisse bénéficier à la jeunesse. », ajoute Kartier.

Moussa Diarra : rapprocher le basketball des jeunes

Pour Moussa Diarra, président de la FIBB, l’un des principaux apports du partenariat réside dans le développement des infrastructures de proximité. Le dirigeant fédéral cite notamment les projets de réhabilitation de terrains en cours à Bouaké, Yopougon, Koumassi et ailleurs. L’objectif est de rapprocher les équipements des lieux de vie des jeunes et de faciliter leur accès à la pratique. « Pour ce qui est donc de nos ambitions ou de nos priorités, c’est vraiment cette question des infrastructures, notamment des infrastructures de proximité. » Selon lui, les longues distances, les coûts de transport, les embouteillages ou encore les contraintes scolaires peuvent constituer des freins à la pratique régulière du basketball. Des équipements implantés au plus près des populations doivent donc favoriser à la fois la pratique, la détection et l’émergence de nouveaux talents. Le président de la FIBB y voit également un enjeu social plus large. « La création d’infrastructures de proximité va permettre à notre sport, à tous nos sports, de se développer et surtout de sortir nos enfants de ces fléaux qui planent sur leur tête chaque jour. »

La formation des entraîneurs, autre priorité

Le développement des infrastructures ne constitue toutefois pas l’unique priorité de la Fédération. Moussa Diarra insiste également sur la formation des entraîneurs. Le basketball évoluant rapidement, les techniciens doivent régulièrement actualiser leurs connaissances et leurs méthodes. La FIBB souhaite donc multiplier les clinics et favoriser la venue d’entraîneurs issus de pays où la discipline est plus avancée. « Il est donc important que, dans tous ces programmes-là, nous ayons encore des coachs venant de pays où le basketball est plus avancé, afin qu’ils viennent organiser davantage de stages et restent beaucoup plus longtemps avec nos entraîneurs locaux pour les mettre à niveau. », insiste-t-il. Infrastructures et formation des coachs constituent ainsi, selon lui, les deux grands axes de développement du basketball ivoirien.

La durabilité, nouveau défi

Si les partenaires s’accordent sur la nécessité de multiplier les infrastructures, leur entretien apparaît désormais comme un autre enjeu majeur. Moussa Diarra estime que la pérennité des terrains ne dépend pas uniquement de la qualité des travaux réalisés. Elle dépend aussi de l’usage qu’en font les populations. « Ce qui est en cause aujourd’hui, ce n’est pas nécessairement la qualité des travaux qui ont été réalisés, mais l’usage que nous faisons. » Il appelle ainsi les communautés à s’approprier les équipements et à participer à leur préservation. « La communauté a véritablement une responsabilité. » L’objectif est de faire comprendre aux utilisateurs que ces infrastructures sont des biens collectifs qui doivent pouvoir servir durablement aux générations futures.

Une stratégie qui dépasse les frontières ivoiriennes

Pour Amadou Gallo Fall, la Côte d’Ivoire occupe une place importante dans la stratégie de développement de la BAL, mais l’ambition demeure continentale. La ligue souhaite développer le basketball partout où la discipline est pratiquée et multiplier les programmes permettant aux jeunes joueurs et entraîneurs de progresser sur le continent.
« Notre vision est de développer le basketball partout en Afrique, mais surtout d’utiliser son pouvoir transformateur pour avoir un impact sur la jeunesse. » La BAL entend notamment renforcer les camps, les académies, la détection et les passerelles vers les championnats étrangers et le haut niveau. « Nous allons utiliser ces clubs pour qu’ils puissent faire de la détection et avoir les moyens nécessaires pour accompagner les jeunes talents. », glisse-t-il, tout en ajoutant que le développement du basketball africain doit donc être pensé comme un parcours allant de la proximité au haut niveau, avec les clubs, les fédérations, les partenaires privés et les acteurs publics.

Hanna Mabelle, le témoignage d’une jeune bénéficiaire

La parole a également été donnée à Hanna Mabelle, MVP du dernier Tournoi des quartiers d’Abidjan. La jeune joueuse est revenue sur son expérience au Sénégal, où elle a participé au Festival U18 après sa victoire à Abidjan. Elle évoque notamment la découverte de nouvelles infrastructures, de nouveaux environnements et d’autres cadres de compétition. « Pour moi, cela a été une très belle expérience à Dakar….J’ai pu me faire de nouvelles expériences et découvrir beaucoup de choses. » L’internationale ivoirienne a également tenu à associer ses coéquipières des Queens à sa réussite. « En tant que MVP, je remercie aussi mon équipe, les Queens, parce que c’est grâce à elles que je suis arrivée à ce tournoi. »

Un partenariat appelé à durer

Au terme des échanges, un même fil conducteur se dégage : la volonté de faire du basketball davantage qu’une simple pratique sportive. Pour la BAL, Wave et la FIBB, les infrastructures doivent servir de porte d’entrée vers la pratique, la formation, la détection et l’épanouissement des jeunes. Avec de nouveaux terrains annoncés, des programmes de formation et la volonté d’étendre les initiatives à d’autres villes, le partenariat entend poursuivre sa trajectoire au-delà des deux premières années.
Une ambition résumée par Amadou Gallo Fall : utiliser le pouvoir du basketball pour toucher les jeunes, créer des opportunités et contribuer, à son échelle, au développement de l’Afrique.

Vous pouvez également aimer