Hervé Renard a dévoilé sa liste des 25 Éléphants pour la double confrontation face à la Gambie. Alors qu’ Amad Diallo et Martial Godo font leurs retours, quatre joueurs fêtent leurs premières convocations.
Leader de son groupe, la Côte d’Ivoire affronte la Gambie les 12 (à Bouaké) et 17 (à Baku) novembre, dans le cadre des 3e et 4e journées des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des Nations. Comme la tradition le recommande, Hervé Renard, sélectionneur national était en conférence de presse cet après-midi pour dévoiler son commando pour ces deux matchs importants. « Nous sommes leaders du groupe. Nous savons que ces deux matchs sont très importants. Il faudra très bien les négocier pour nous rapprocher le plus possible de la qualification. », a-t-il lâché d’entrée. Il faudra bien négocier cette double confrontation, notamment le match retour en Gambie, face à une équipe qui a battu le Ghana lors de la dernière journée et qui compte le même nombre de points (6). Ainsi, le sélectionneur s’est voulu pragmatique dans la composition de son groupe, en s’appuyant sur une forte dose d’anciens ajoutés à des jeunes très ambitieux.
Quatre nouveaux
Le groupe est composé de trois gardiens de but, huit défenseurs, sept milieux et sept attaquants. Parmi eux, le latéral droit de Ipswich, Abdoul Ouattara, le défenseur central de Udinese, Oumar Solet, les milieux Kante Abdoulaye (Al-Ettifaq) et Yaya Kader Fofana (Stade de Reims) sont les joueurs qui vont découvrir la sélection nationale.« Concernant les nouveaux joueurs, Ouattara Abdoul est un joueur polyvalent qui a également évolué sur le côté gauche et au milieu de terrain à Strasbourg la saison dernière. J’aime bien avoir dans mon effectif des joueurs capables d’évoluer à différents postes. Oumar Solet, nous en avons déjà parlé. Concernant Abdoulaye Kanté, je pense que ceux qui ont suivi l’équipe des moins de 23 ans, qui a disputé le tournoi de Toulon, connaissent ses qualités. C’est un joueur qui a un bel avenir devant lui. Maintenant, encore faut-il franchir cette étape, ce palier avec l’équipe nationale A. J’ai suivi ses performances. C’est un secteur dans lequel je recherche beaucoup de profils. Je regarde particulièrement les milieux de terrain capables d’avoir une grande activité, de presser l’adversaire et de se projeter vers l’avant.»
Hervé Renard s’est également montré très élogieux envers le milieu de terrain du Stade de Reims, en Ligue 2 française. Sa première convocation chez les A se repose sur son énorme début de saison avec 9 buts et 2 passes décisives, faisant de lui le meilleur buteur du championnat. « Il marque beaucoup de buts avec Reims. Alors, on va dire : oui, mais c’est en Ligue 2. On en reparlera. Si je ne me trompe pas, nous sommes le 5 novembre 2026. Je pense pouvoir lui prédire un très bel avenir. Je sens chez lui quelque chose que je ne retrouve pas chez beaucoup de joueurs : une grande qualité de déplacement. Il est toujours bien placé, au bon endroit et au bon moment. Il est également capable de faire des différences au milieu de terrain sur le plan offensif. C’est un joueur fluide, qui possède énormément de qualités. J’espère que mes propos se traduiront sur le terrain. »
C’est avec Abdoulaye Kanté et Yaya Kader Fofana que le technicien français veut continuer à faire progresser son milieu de terrain. « C’est donc un secteur dans lequel nous devons beaucoup progresser. À la perte du ballon, il faut être beaucoup plus réactifs et exercer davantage de pression lorsque l’adversaire récupère le ballon. Je pense également que vous l’avez constaté : nous devons faire de gros progrès sur les coups de pied arrêtés. Jusqu’à présent, notre rendement dans ce domaine est insuffisant. »
Avec Malick Yalcouyé qui a marqué énormément de points lors de la dernière trêve, ces jeunes doivent toujours être accompagnés par des anciens tel que le capitaine Franck Kessié. Le sélectionneur est d’ailleurs revenu sur la gestion de ces anciens et joueurs importants de l’équipe « Je pense que c’est bien que vous abordiez cette question, parce que j’ai le sentiment que, dans vos commentaires, vous ne prenez pas toujours en considération tous les paramètres. Ce qu’il faut savoir, c’est que Franck Kessié a signé très tardivement à l’Atalanta Bergame au mois d’août. Avant de rejoindre la sélection, il n’avait disputé qu’un ou deux matchs comme titulaire. Vous ne pouvez donc pas lui demander de disputer les trois rencontres avec l’équipe nationale. C’est impossible. Physiquement, vous n’avez pas les capacités athlétiques nécessaires pour répéter les efforts sur trois matchs consécutifs, notamment face au Cameroun. C’était également le cas de Yann Diomandé. Je ne sais pas si vous vous en souvenez. Aujourd’hui, sa situation s’est nettement améliorée, mais lorsqu’il nous avait rejoints, il n’avait disputé qu’un seul match comme titulaire. Après avoir joué deux fois 90 minutes lors des deux premières rencontres, il ne pouvait pas enchaîner dans les mêmes conditions. Je ne suis pas là pour prendre le risque que Yann Diomandé se blesse contre le Cameroun et qu’il ne revienne qu’en mars après une longue période d’indisponibilité. Nous devons respecter les clubs et la progression athlétique des joueurs. Cette période était un peu compliquée parce que plusieurs joueurs se trouvaient dans cette situation.
Le double vainqueur de la CAN l’a avoué, il n’a plus le temps des essais, même s’il accorde encore des chances à certains joueurs tel que Patrick Zabi, transparent face au Cameroun et utilisé avec parcimonie au Paris FC. « Contre le Cameroun, j’avais décidé de donner du temps de jeu aux joueurs que je souhaitais voir à l’œuvre. C’était ma dernière occasion, avec le staff, d’observer certains joueurs lors d’un match amical. Lors des prochaines fenêtres internationales, en novembre et en mars, nous n’aurons plus cette possibilité. Il s’agira de deux matchs officiels. Ensuite, nous l’espérons, nous enchaînerons directement avec la Coupe d’Afrique des Nations. Le calendrier d’une sélection n’est donc pas comparable à celui d’un club, où l’on dispose de davantage de temps pour intégrer les joueurs. Un sélectionneur doit parfois être beaucoup plus pragmatique et aller plus vite. Cela ne facilite pas toujours les choses, mais il faut gérer les situations au mieux. »
Amad Diallo et Martial Godo de retour
L’autre secteur dans lequel il faudra aussi progresser est le secteur offensif. Absents lors de la dernière trêve en raison de blessure, les retours d’ Amad Diallo (Manchester United) et de Martial Godo (Strasbourg) vont certainement participer à cette progression. Le second nommé fête ainsi sa deuxième convocation, lui qui n’avait pas été pris convoqué par Émerse Faé pour le mondial aux États-Unis. Les ailiers devraient tous travailler à l’efficacité des attaquants de pointe, Élye Wahi et Yoann Bonny qui se cherchent encore sous la tunique orange – blanc – vert. « Je pense qu’à un moment donné, comme pour tout buteur, il peut y avoir quelques petites choses qui ne fonctionnent pas parfaitement. Il faut procéder à des réglages. Mais à partir du moment où ces joueurs sont capables de marquer en club, comme ils l’ont fait, c’est qu’ils ont des qualités. Maintenant, c’est au staff et à moi-même de les aider. Je dirais même que la clé aujourd’hui, c’est davantage le staff que les joueurs. Il faut que nous les mettions dans les meilleures conditions mentales et psychologiques. C’est pour cela que je continue de leur faire confiance. Avec l’apport offensif de la dernière liste, notamment Amad Diallo et Martial Godo, je pense que nous disposons d’un secteur où il y a énormément de qualités, en plus des joueurs qui étaient déjà présents lors du premier rassemblement. Je ne suis donc pas inquiet et je prends ma part de responsabilité dans leur réussite. Il faut qu’ils parviennent à franchir ce cap psychologique, mais je suis convaincu que cela va venir.
On note également l’absence d’Oumar Diakité, en feu depuis son retour en Autriche. Mais son rendement est pour l’instant insuffisant aux yeux du sélectionneur. « Comparer les différents championnats, notamment européens, est toujours une équation que je vous laisse le soin de résoudre. Les statistiques réalisées dans un championnat de première catégorie en Europe ne sont pas forcément comparables à celles obtenues dans un championnat ou une équipe de moindre niveau. Si vous prenez en compte toutes les caractéristiques de nos attaquants, vous constaterez qu’il y a beaucoup de qualités. Maintenant, choisir, c’est aussi renoncer, puisqu’on ne peut pas convoquer dix attaquants. Ce n’est donc pas une question de valeur, mais simplement une question de choix, peut-être de style. Aujourd’hui, la sélection est ainsi et j’en suis ravi. J’assume pleinement mes choix. », s’est-il justifié sur le cas du Wrou Wrou national.

ARLINGTON, TEXAS – JUNE 30: Cote d’Ivoire players huddle before the FIFA World Cup 2026 Round Of 32 match between Cote d’Ivoire and Norway at Dallas Stadium on June 30, 2026 in Arlington, Texas. (Photo by Steph Chambers – FIFA/FIFA via Getty Images)
Attaquer la Gambie avec respect
Hervé Renard ne veut pas attaquer la Gambie avec prétention. En homme expérimenté, il sait que chaque match à ses réalités, notamment quand l’adversaire compte le même nombre de points. « La Gambie est une bonne équipe. Elle a battu le Ghana à Accra, nous sommes donc avertis. C’est un adversaire difficile qui, lors des précédentes qualifications pour la Coupe du monde, si je ne me trompe pas, était dans le groupe du Sénégal et avait également posé des problèmes à cette équipe. Il faut donc rester méfiants et concentrés sur notre objectif. Pensons d’abord à nous. La Côte d’Ivoire doit déjà penser à elle-même. Lorsqu’on affronte un adversaire, il faut avant tout être prêt à 100 % et respecter tout le monde. C’est parfois un petit problème que j’aimerais voir disparaître depuis que je suis devenu entraîneur, il y a une dizaine d’années. Nous avons parfois un sentiment de supériorité qui ne doit pas exister dans le football. Les niveaux se rapprochent lorsqu’on pense être beaucoup plus fort que son adversaire et qu’on ne fait pas ce qu’il faut pour effectivement le démontrer. »
Hervé Renard rappelle donc qu’il faudra bien négocier ces deux matchs face à la Gambie, car nous sommes à un moment clé de la qualification.