Des huitièmes sans surprise !

Par Guy Jaures

Peu de place à l’imprévu lors des huitièmes de finale de la CAN Maroc 2025. La logique a globalement été respectée, ouvrant la voie à des quarts de finale explosifs qui marquent l’entrée véritable de la compétition dans sa phase décisive.

 

Le chapitre des huitièmes de finale s’est refermé mardi soir avec la large et maîtrisée victoire de la Côte d’Ivoire face au Burkina Faso (3-0). Un succès sans appel des champions en titre, qui symbolise parfaitement une phase à élimination directe globalement dominée par la hiérarchie. À l’exception de quelques rencontres plus disputées, cette deuxième étape de la CAN 2025 n’a livré que très peu de surprises, annonçant des quarts de finale de très haut niveau, programmés les 9 et 10 janvier.

Une logique globalement respectée

On peut désormais l’affirmer : la 35e édition de la Coupe d’Afrique des Nations est entrée dans sa phase active. Mais contrairement aux attentes souvent liées aux huitièmes de finale, les affiches proposées ont rarement débouché sur des scénarios renversants. Sur le papier, seuls deux véritables chocs se distinguaient : Algérie – RD Congo et Côte d’Ivoire – Burkina Faso. Et dans les deux cas, la logique sportive a prévalu. Opposée à la République démocratique du Congo, double championne d’Afrique et quatrième de la dernière édition, l’Algérie a confirmé sa montée en puissance. Plus constante et plus solide depuis le début du tournoi, la sélection algérienne s’est imposée (1-0) au terme d’un duel engagé et tactique. Une victoire logique tant les Fennecs ont affiché une meilleure maîtrise collective. Dans le choc ouest-africain, la Côte d’Ivoire, tenante du titre, n’a laissé aucune chance au Burkina Faso. Sérieux, disciplinés et efficaces, les Éléphants ont assumé leur statut avec autorité (3-0). Un résultat qui n’a surpris personne et qui confirme leurs ambitions de doublé continental.

Des qualifications sans réel bouleversement

Certains ont voulu voir une surprise dans l’élimination de la Tunisie par le Mali, mais à y regarder de plus près, l’écart entre les deux sélections est loin d’être abyssal. Certes, les Aigles de Carthage comptent une étoile continentale, contrairement aux Aigles maliens, mais sur le terrain, la différence s’est révélée minime. Le Mali n’avait rien à envier à la Tunisie de Sami Trabelsi, qui a d’ailleurs quitté ses fonctions au lendemain de l’élimination. Même constat lors de Cameroun – Afrique du Sud. Les Lions indomptables, quintuple vainqueurs de la CAN, ont souffert mais ont su faire parler leur expérience pour s’imposer (2-1) face aux Bafana Bafana, troisièmes de la dernière édition et champions en 1996 à domicile. De son côté, l’Égypte a dû attendre les prolongations pour venir à bout du Bénin (3-1), tandis que le Maroc et le Sénégal, deux des grands favoris au sacre final, se sont imposés respectivement face à la Tanzanie (1-0) et au Soudan (3-1). Sans briller de mille feux, les deux sélections ont assuré l’essentiel : la qualification.

Le Nigeria, impressionnant patron

S’il fallait désigner l’équipe la plus convaincante de ces huitièmes de finale, le choix serait unanime : le Nigeria. Face à un Mozambique dépassé, les Super Eagles n’ont pas fait dans la dentelle. Victoire nette et sans bavure (4-0), portée par un trio offensif redoutable : Ademola Lookman – Victor Osimhen – Akor Adams. Le triple champion d’Afrique, recordman des podiums (15), a envoyé un message clair à ses futurs adversaires. Au total, 21 buts ont été inscrits lors des huit rencontres de ces huitièmes de finale. Un chiffre record à ce stade depuis le passage de la CAN à 24 équipes. À titre de comparaison, on en comptait 16 en 2023 en Côte d’Ivoire, 16 en 2021 au Cameroun et 19 en 2019 en Égypte.

 

Des quarts de finale explosifs

Avec 110 buts déjà inscrits depuis le début du tournoi, la CAN 2025 promet encore du spectacle. Et les quarts de finale qui se profilent ont tout d’une entrée fracassante dans le vif du sujet. Quatre affiches de rêve, dignes des grandes heures du football africain. On pourrait presque dire : la CAN commence maintenant. Le Maroc, pays hôte, défiera le Cameroun dans un duel chargé d’histoire. Un affrontement qui ravive les souvenirs de 1988, lorsque les Lions indomptables avaient éliminé les Marocains en demi-finale (1-0) avant de décrocher le titre sous la houlette d’un certain Roger Milla. Ce quart constituera un véritable test pour les Lions de l’Atlas, encore peu bousculés depuis le début de la compétition.
Autre choc très attendu : Algérie – Nigeria. Les Fennecs n’ont pas oublié le coup franc légendaire de Riyad Mahrez en demi-finale de la CAN 2019, qui les avait propulsés vers un sacre en Égypte. Les Super Eagles, eux, auront à cœur de prendre leur revanche. Le classique Côte d’Ivoire – Égypte s’annonce également brûlant. Les Éléphants rêvent enfin de briser la malédiction face aux Pharaons, qu’ils n’ont jamais battus en match à élimination directe à la CAN (8 confrontations). Le dernier duel, en 2021 au Cameroun, avait encore tourné à l’avantage de l’Égypte aux tirs au but. Enfin, Sénégal – Mali promet une bataille intense entre voisins d’Afrique de l’Ouest. Si les Lions de la Teranga partent avec les faveurs des pronostics, les Aigles maliens ont déjà montré qu’ils avaient les armes pour bousculer les certitudes. La CAN 2025 tient désormais toutes ses promesses. Les huitièmes ont installé le décor, les quarts s’annoncent comme un véritable feu d’artifice.

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