Sport et recherche scientifique : Adjé Silas Metch appelle à transformer le savoir en solutions pour l’Afrique

Par Guy Jaures

À l’occasion de la première Conférence internationale sur les sciences, les énergies renouvelables, l’environnement et le développement durable (SEREDD), le ministre des Sports a appelé à rapprocher la recherche scientifique des réalités africaines et à faire de l’innovation un levier concret de développement.

L’ENS d’Abidjan au cœur d’une réflexion scientifique internationale

L’École normale supérieure (ENS) d’Abidjan accueille, du 29 au 30 septembre 2026, la première Conférence internationale sur les sciences, les énergies renouvelables, l’environnement et le développement durable (SEREDD). Parrain de cette rencontre, le ministre des Sports, Adjé Silas Metch, a invité les acteurs du monde scientifique à franchir une étape supplémentaire : transformer les connaissances produites par la recherche en solutions concrètes adaptées aux besoins des populations africaines. Placée sous le thème « Formation pédagogique, sciences fondamentales et appliquées, énergies renouvelables et environnement pour le développement durable de la société africaine », la conférence réunit des enseignants-chercheurs, chercheurs, ingénieurs, innovateurs, étudiants et professionnels venus de plusieurs pays africains. Au-delà des échanges scientifiques, cette rencontre entend favoriser le dialogue entre les différentes disciplines et créer davantage de passerelles entre le monde académique, les entreprises, les pouvoirs publics et les acteurs de l’innovation.

Décloisonner la recherche pour répondre aux défis du continent

Président du comité scientifique de la conférence, par ailleurs directeur de cabinet du ministère des Sports, le Pr Yao N’guessan Alfred a souligné la nécessité de renforcer les interactions entre les différents secteurs de la recherche et de l’innovation. L’ambition est de faire émerger des réponses concrètes aux nombreux défis auxquels le continent africain est confronté, notamment dans les domaines de l’énergie, de l’environnement, de l’eau, de l’agriculture, de la santé et de l’emploi. Cette démarche repose sur une meilleure circulation des connaissances et sur la capacité des chercheurs à travailler avec les autres acteurs de la société afin que les résultats de leurs travaux puissent déboucher sur des applications concrètes.

Adjé Silas Metch : « Transformer la connaissance en action »

Prenant la parole en qualité de parrain, Adjé Silas Metch a insisté sur la nécessité de donner à la recherche une dimension davantage opérationnelle. Face aux défis du continent, a-t-il souligné, la recherche, la formation et l’innovation doivent contribuer directement à l’amélioration des conditions de vie des populations. Le ministre a également placé la jeunesse scientifique au cœur de cette ambition. Il a plaidé pour la multiplication des espaces permettant aux étudiants, doctorants et jeunes chercheurs de présenter leurs travaux, de nouer des collaborations et de développer des solutions répondant aux réalités africaines.
Cette dynamique doit notamment permettre de faire émerger des projets dans des secteurs stratégiques tels que les énergies renouvelables, la gestion des ressources naturelles, la résilience des territoires et la transition écologique.

Le sport, un laboratoire d’innovation

Dans son intervention, le ministre des Sports a également établi un lien entre la recherche scientifique et le développement du sport. Pour Adjé Silas Metch, le secteur sportif constitue un terrain particulièrement propice à l’expérimentation et à l’innovation. « Le sport est un formidable laboratoire de compétences, un remarquable creuset d’innovations, un incroyable vecteur d’inclusion et un précieux outil de cohésion sociale », a-t-il déclaré. Cette vision conduit, selon lui, à repenser le sport à l’aune des enjeux de développement durable. La construction d’infrastructures plus standardisées, l’utilisation de matériaux issus des terroirs, la gestion rationnelle de l’énergie et de l’eau ainsi que la réduction de l’impact environnemental des manifestations sportives figurent parmi les pistes évoquées. Le sport pourrait ainsi jouer un double rôle : bénéficier des avancées de la recherche, tout en devenant lui-même un espace d’expérimentation, d’application et de diffusion des solutions durables.

Renforcer la coopération scientifique africaine

La dimension internationale de la SEREDD doit également permettre d’intensifier les échanges entre les chercheurs africains. La circulation des savoirs, des expériences et des innovations constitue l’un des enjeux majeurs de cette première édition, notamment grâce aux possibilités offertes par les échanges à distance. Pour le ministre Adjé Silas Metch, cette initiative participe à la transformation de l’espace universitaire et scientifique en un véritable carrefour de connaissances, d’expériences et de solutions au service du développement du continent. Les organisateurs entendent d’ailleurs prolonger les travaux de la conférence au-delà des deux journées de rencontre, à travers des publications scientifiques, des projets communs, des collaborations et la mise en place d’un réseau de chercheurs.

De la production du savoir à des solutions concrètes

À travers cette première édition de la SEREDD, portée par l’École normale supérieure d’Abidjan sous la présidence scientifique du Pr Yao N’guessan Alfred, un objectif majeur se dégage : rapprocher durablement la recherche des besoins de la société. L’enjeu est désormais de faire passer la science de la production du savoir à sa transformation en solutions concrètes, capables d’accompagner les populations et de répondre aux défis du développement durable en Afrique.

Dans cette perspective, la recherche scientifique, l’innovation et le sport peuvent apparaître comme des leviers complémentaires pour construire des territoires plus résilients et contribuer à l’émergence d’un modèle de développement davantage adapté aux réalités du continent.

Source : Ministère des sports

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