Prévu le 6 mai prochain à Abidjan, le Meeting International Gabriel Tiacoh s’annonce comme un rendez-vous majeur de l’athlétisme africain. Entre ambitions sportives, innovations organisationnelles et hommage à une légende, cette 24e édition entend franchir un nouveau cap.

La Fédération Ivoirienne d’Athlétisme (FIA) et le comité d’organisation ont officiellement levé le voile sur la 24e édition du Meeting International Gabriel Tiacoh, à l’occasion d’une conférence de presse tenue le lundi 16 mars, au siège du Comité National Olympique – Côte d’Ivoire. Une rencontre animée par le président de la FIA, Jeannot Kouamé Kouadio, et son vice-président, Serge Doh, également président du comité d’organisation.
Inscrit dans le cadre de l’African Tour de la Confédération Africaine d’Athlétisme, l’événement confirme le positionnement de la Côte d’Ivoire parmi les nations hôtes majeures de cette série de compétitions continentales. Une reconnaissance qui témoigne des efforts consentis pour hisser le niveau de l’athlétisme national.
Un contexte marqué par un réaménagement du calendrier
Initialement programmée pour le 23 mai, la compétition a été avancée au 6 mai 2026 au stade Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan, en raison d’un changement du calendrier des Championnats d’Afrique. Ces derniers se tiendront désormais du 12 au 17 mai, obligeant les organisateurs à adapter leur agenda.
Ce meeting revêt ainsi un caractère stratégique, servant à la fois de vitrine pour l’athlétisme ivoirien et de tremplin pour les athlètes engagés dans la préparation des échéances continentales.
Une vitrine pour les talents ivoiriens
L’un des objectifs majeurs de cette compétition est de rapprocher les athlètes ivoiriens de leur public. Souvent aperçus sur les pistes internationales, des sprinteurs comme Traoré Cheikna, Cissé Gueu ou encore Maboundou Koné auront cette fois l’opportunité d’évoluer à domicile.
Au-delà de la performance, il s’agit également de renforcer le lien entre ces ambassadeurs du sport ivoirien et les supporteurs locaux, tout en suscitant des vocations chez les plus jeunes.
Un hommage à une légende de l’athlétisme ivoirien
Ce meeting porte le nom de Gabriel Tiacoh, figure emblématique de l’athlétisme ivoirien. Né en 1963, il reste le premier médaillé olympique du pays grâce à sa médaille d’argent décrochée sur 400 mètres aux Jeux Olympiques de Los Angeles en 1984. Double champion d’Afrique (1984 et 1989), il disparaît brusquement en 1992 à Atlanta.
En lançant cette compétition en son honneur, la fédération entend perpétuer sa mémoire et inspirer les nouvelles générations d’athlètes.
Un programme sportif étoffé

L’édition 2026 se distingue par un programme enrichi, avec 11 épreuves internationales, soit une de plus que lors de la précédente édition.
Chez les dames, cinq disciplines sont prévues : 100 m, 200 m, 400 m, 400 m haies et saut en longueur.
Chez les hommes, six épreuves composeront le programme : 100 m, 110 m haies (nouvelle discipline), 200 m, 400 m, 400 m haies et saut en hauteur. L’introduction du 110 mètres haies vise notamment à mettre en lumière les performances du hurdler ivoirien Serges Taha détenteur du record national.
Une attention particulière portée à la relève
En parallèle des compétitions internationales, huit épreuves nationales seront organisées afin de promouvoir les jeunes talents.
Chez les dames : 100 m, 200 m, 1500 m et saut en longueur.
Chez les hommes : 100 m, 200 m, 800 m et saut en hauteur.
Cette double programmation illustre la volonté des organisateurs de conjuguer élite et formation, en offrant une plateforme d’expression à la nouvelle génération.
Bilan positif et innovations structurelles
Revenant sur les éditions précédentes, notamment celle de 2015, le président de la fédération a dressé un bilan globalement satisfaisant. Le rapport transmis à la Confédération africaine avait d’ailleurs été salué, témoignant de la qualité de l’organisation.
Certaines insuffisances avaient toutefois été relevées, notamment l’absence d’une piste d’échauffement. Une lacune désormais corrigée, puisque les infrastructures ont été améliorées pour offrir de meilleures conditions de préparation aux athlètes.
Sur le plan sportif, la précédente édition avait été marquée par des performances de haut niveau, avec notamment deux records battus, confirmant l’attractivité du meeting.
Un plateau plus relevé attendu
Pour cette 24e édition, les organisateurs ambitionnent d’élever encore le niveau de la compétition. La sélection des athlètes invités repose sur des critères rigoureux, notamment les performances récentes et le classement international. « Le niveau doit être équilibré pour permettre à nos athlètes de progresser », a insisté le président, soulignant l’importance d’une concurrence homogène.
La liste définitive des participants internationaux sera connue à quelques semaines de l’événement.
Un meeting au rayonnement international
Au fil des années, le Meeting Gabriel Tiacoh a accueilli plusieurs figures majeures de l’athlétisme mondial, dont la Botswanaise Amantle Montsho ou encore le Kényan David Rudisha. Des stars ivoiriennes comme Murielle Ahouré et Marie-Josée Ta Lou y ont également brillé.
Cette tradition d’excellence devrait se poursuivre avec un plateau annoncé comme plus compétitif.
Enjeux financiers et appel aux partenaires
Sur le plan financier, les organisateurs indiquent que le budget reste variable, dépendant notamment des coûts logistiques et du nombre d’athlètes internationaux. Lors de la précédente édition, les primes distribuées avoisinaient les 18 millions de FCFA, avec une grille allant de 600 000 FCFA pour le vainqueur à 300 000 FCFA pour la quatrième place.
Dans cette dynamique, un appel appuyé a été lancé aux entreprises et partenaires privés. « Sans sponsors, il n’y a pas de sport », ont rappelé les responsables, insistant sur la nécessité d’un accompagnement durable pour le développement de l’athlétisme ivoirien.
À travers cette 24e édition, le Meeting International Gabriel Tiacoh confirme son ambition de s’imposer comme une référence sur le continent, alliant performance, organisation et promotion des talents locaux.