Sans trembler et en totale maîtrise, la Côte d’Ivoire a surclassé le Burkina Faso (3-0) pour valider son billet en quart de finale. Les champions d’Afrique en titre défieront désormais leur bête noire, l’Égypte, pour un choc aux allures de revanche continentale.
Annoncé comme le deuxième grand choc de ces huitièmes de finale, ce derby ouest-africain a très vite perdu de sa saveur. Les Éléphants ont rendu la tâche si simple, face à des Étalons contraints de subir, que la confrontation a rapidement tourné à la démonstration. Au stade de Marrakech, la loi du roi de la jungle s’est imposée sans discussion.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 58 % de possession, 21 tirs tentés contre seulement 8 concédés. La Côte d’Ivoire n’a jamais laissé le moindre espace au doute et n’a à aucun moment semblé menacé. La domination fut nette, constante et parfaitement maîtrisée. Les champions d’Afrique en titre ont offert une soirée à la fois tranquille et magistrale à leurs supporters, mais aussi aux nombreux Marocains venus garnir les tribunes. Si le collectif ivoirien ne dégage pas toujours la puissance brute du Nigeria, il possède cette capacité, forgée par l’expérience, à gérer les temps forts et les temps faibles. Les Éléphants accélèrent quand ils le décident, laissent parfois le ballon à l’adversaire sans jamais se mettre en danger, s’appuyant sur une assise défensive solide. Autour d’un axe Ndicka – Kossounou impérial, Ghislain Konan et la révélation Guéla Doué ont parfaitement sécurisé les couloirs, faisant oublier l’absence regrettée de Wilfried Singo.
Dans l’entrejeu, Franck Kessié a encore assumé son rôle de patron avec une sérénité déconcertante. Replacé en sentinelle, Sangaré a apporté l’équilibre nécessaire, pendant que Christ Oulaï Inao confirmait, une fois de plus, sa montée en puissance. Rayonnant dans la récupération comme dans la projection, le joueur de Trabzonspor s’affirme comme l’un des hommes forts de cette CAN.
Offensivement, la Côte d’Ivoire a pu compter sur deux ailiers au sommet de leur art. Amad Diallo et Yann Diomandé ont confirmé qu’ils sont, à l’heure actuelle, les meilleurs à leur poste dans la sélection ivoirienne. Pour Amad Diallo, cette compétition a des allures de revanche personnelle. Après deux CAN manquées, le joueur de Manchester United réalise un tournoi de très haut niveau. Il se procure les deux premières grosses occasions de la rencontre : d’abord fauché à la 7e minute, puis tout proche d’ouvrir le score à la 8e, sa frappe croisée fuyant le cadre. Après une double occasion de Kessié, l’ailier droit ivoirien trouve enfin la faille à la 20e minute, en piquant parfaitement son ballon dans le petit carré. Son 3e but dans la compétition et une fois de plus élu homme du match. Il manque de peu le doublé à la 76e, mais se heurte cette fois à un Hervé Koffi inspiré. Amad Diallo se distingue également en passeur décisif, offrant le deuxième but à Yann Diomandé dès la 32e minute. L’ailier de Leipzig, même s’il n’a pas tout réussi, a pleinement contribué à la qualification, formant une paire solide sur son côté avec Ghislain Konan, à l’image du tandem Amad Diallo – Guéla Doué à droite.
Souvent discuté, Emerse Faé a encore démontré son sens de la gestion et sa lecture juste des rencontres. Ses choix ont une nouvelle fois porté leurs fruits. En remplaçant Yann Diomandé par Bazoumana Touré, le sélectionneur ivoirien a vu juste. Le jeune joueur de Hoffenheim a validé la confiance de son coach en inscrivant le troisième but à la 87e minute, au terme d’une longue chevauchée depuis son propre camp.
En face, le Burkina Faso n’a que rarement existé. Seul Dango Ouattara a réellement inquiété Yahia Fofana, d’abord en trouvant le poteau à la 40e minute, puis en obligeant le gardien ivoirien à une belle parade à la 62e. Pour le reste, le portier des Éléphants a vécu une soirée des plus paisibles.
Solide, efficace et sereine, la Côte d’Ivoire s’impose sans forcer et s’ouvre les portes des quarts de finale. À ce stade de la compétition, les pachydermes retrouveront leur bête noire du continent : l’Égypte, qui les a toujours dominés en phase à élimination directe. Le duel tant attendu est prévu ce samedi à 19 heures, pour un affrontement chargé d’histoire et de revanche.